Ultime voyage ... (20ème épisode par Annick le 04/04/10)

Publié le par Multi Plumes


Lettre à Madame Du Pontet
Une mise au point nécessaire



                     Chère Marguerite,

 

La presse toute récente a dû vous apprendre un peu brutalement, que votre petite fille Agnès semblerait être la principale responsable de l’empoisonnement de sa sœur Christiane.
Etant tenu au secret, je n’ai pas pu vous avertir à l’avance, ce qui vous aurait, sans doute, évité un choc émotionnel. Seulement, en lisant que les tests ADN avaient été la preuve ultime de culpabilité, j’ai pensé que je vous devais quelques explications complémentaires.
En effet, les résultats du laboratoire nous avaient orientés vers des recherches plus approfondies :
Agnès ayant d’abord juré ne pas avoir eu connaissance ni de la boite, ni des biscuits alors que nous avions relevé ses traces de doigts, nous devions vérifier ; ensuite elle nous a soutenu qu’elle était, à ce moment précis,  chez une amie à Dijon laquelle a témoigné en ce sens mais un retrait d’argent effectué à Marseille sur le compte de cette dernière a été une seconde énigme. En nous regardant droit dans les yeux, l’insolente nous a soutenu qu’elle avait prêté sa carte bancaire à son petit ami. Or, celui-ci, trahi par son téléphone portable, se trouvait à Berlin !
De mensonges en mensonges, nos deux suspectes convoquées dans mon bureau n’ont jamais été à court d’arguments jusqu’au moment où j’ai, méthodiquement, tout démonté.
C’est alors qu’Agnès est passée aux aveux sans émotion excessive. Je vous rapporte ses propres termes :
« Monsieur l’inspecteur de police, c’est vrai, j’ai mis du cyanure dans les palets mais je ne savais pas que c’était un poison mortel. Je vous jure que je voulais seulement endormir ma sœur afin de passer une nuit tranquille avec Pierre. »
Je lui ai dit alors qu’elle expliquerait tout cela le jour du procès et que, d’ici là, j’étais obligé de la mettre sous les verrous.
Il est évident que cette conclusion vous paraîtra bien trop cruelle, à vous, une grand- mère si attentionnée, aussi, afin d’adoucir votre tristesse, j’ai ordonné qu’on conduise votre petite fille dans une cellule convenable où elle ne rencontrera pas de détenues dangereuses. J’ai exigé aussi qu’elle participe à des activités quotidiennes.
Ces décisions, je les ai prises dans le seul but de vous soulager, la coupable n’ayant pas su éveiller en moi la moindre compassion…
Maintenant que la lumière est faite, il nous faut attendre le jugement final mais, de ce côté, je n’envisage, hélas,  aucune surprise …
J’espère,  ma chère Marguerite, que vous ne vous laisserez pas ronger par le remords car vous n’êtes responsable de rien de tout cela.
Croyez en mon amitié et en mon entier dévouement.

Galabert


PS: J’ai conseillé, à cette journaliste qui a été si pressée de faire son scoop avant d’avoir vérifié l’insuffisance de ses arguments, de s’inscrire dès l’an prochain à l’atelier d’écriture de l’UTB. Elle y apprendra la rigueur !

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Publié dans Feuilleton

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