Portrait : Martine (par Annick le 19/11/10)
Martine est ma meilleure amie. Elle partage avec moi une certaine forme de timidité. Je dis bien « une certaine forme ».Tout comme moi elle n'aime pas s'effacer devant les autres, ses poèmes préférés étant ceux qu'elle écrit elle même. Par bonheur, elle n'est pas musicienne ce qui lui laisse un peu de liberté pour apprécier Mozart et Schubert. Elle ne peint pas non plus et délègue son admiration à Monet chez qui elle retrouve un peu de cette nature qu'elle apprécie tant. Enfin... quand je dis « qu 'elle apprécie tant... » elle n'irait tout de même pas jusqu'à se laisser envahir... Les oiseaux par exemple, la plupart sont admirables de vivacité, de ruse, d'habileté, et bien... ceux qu'elle préfère... vous ne devinerez jamais... ce sont uniquement ceux qui ne rentrent pas par la fenêtre ouverte !!! Vous voyez : un amour très raisonné !
Il en est de même des gens... La tendresse chez un homme, d'accord, c'est confortable... mais n'aimer que « le silence » chez une femme... est-ce à dire qu'elle ne peut prononcer ni parole intelligente, ni avis judicieux, ni réconfort bénéfique, et qu'elle doit se contenter du rebattu : « sois belle et tais-toi! »
Bon, vous allez en déduire qu'elle manque un peu d'ouverture aux autres mais qu'elle compense, sans aucun doute, par une imagination débridée...
Débridée ? Dites moi où se trouve le rêve dans l'envie d'être à la mer (quoi de plus banal?), de ne préférer aucune couleur, de ne vivre dans aucun autre pays que le sien, de se pâmer d'admiration devant les hommes politiques pourtant tous menteurs et narcissiques !
Mais je vais peut-être m'arrêter là... Je disais qu'elle était mon amie et c'est moi qui ne suis plus très tolérante. Pourtant, je dois bien reconnaître que nous avons quelques points communs.
Tout comme elle, je hais l'hypocrisie (mais, ne la voit-elle pas chez les politiques?), je hais Napoléon Bonaparte et ses conquêtes...
Tout comme elle, je voudrais être jeune éternellement, croire en l'égalité des hommes et des femmes, mourir « vite et bien », ne jamais baisser les bras, m'entourer d'amis qui me font rire, garder l'espoir que toujours quelque chose d'autre va arriver...
Tout comme elle, je n'ai plus l' âge des héros de fiction...
Tout comme elle, je suis, probablement...un peu trop « terre à terre »