Portrait : Eléonore (par Annick le 19/11/10)
Eléonore est une drôle de petite bonne femme. Toujours aux aguets, les yeux grand ouverts sur le monde qui l'entoure, le monde présent, réel mais aussi le monde des rêves, de l'utopie.
Elle n'est jamais prise de court, jamais triste, jamais désespérée.
Tout lui est langage : la poésie, la peinture, les beaux yeux de son amoureux, le dévergondage des déesses grecques, les mariés et les animaux qui s'envolent avec Chagall, les pays nouveaux remplis de surprises, même les projets démentiels... Ce qu'elle ne résoudra pas concrètement, elle en fera un mirage, une sonate, un chant. Le réel deviendra rêve et le rêve réalité.
Dans son élan incontrôlable, elle ne s'apesantira jamais sur un attachement routinier et contraignant.
Eléonore aime trop les hommes pour n'en garder qu'un.
Elle aime trop les pays pour rester là où elle est .
Elle aime trop la vie pour la ternir en détestant quiconque. Tant pis si on la dit : trop indulgente !
Elle aime trop la liberté pour ne pas donner raison à tout déserteur du fait militaire, à tout révolté du quotidien.
Eléonore n'existe que dans l'apothéose du mot, de l'acte, de la vie, de la mort.
Elle rêve de rêver toujours, de rester sur scène jusqu'à son dernier souffle, tout comme Molière, tout comme ceux qui transcendent les limites de ce monde.
Eléonore traverse les miroirs, joue avec les éléments, part et revient.
C'est un mythe ; Une réalité.
On ne peut pas la rattraper.