Une photo (par Annick le 25/11/10)
C'est une photo du dimanche, de quand les enfants ont mis leurs beaux habits. Ils sont là, tous les trois, tous frère et soeurs, assis sur le rebord du mur, à bien faire attention de ne pas se salir. Leurs cheveux bien coiffés ont été lavés la veille, au cours du bain hebdomadaire. Tous dans le même. Avec l'eau chauffée sur la cuisinière à bois.
Les deux filles portent des socquettes blanches et des chaussures, à l'identique, découpées sur le devant, de celles qu'on est si content de mettre quand le printemps arrive. Leur robe à manches ballon, blanche elle aussi, cache les genoux qu'il ne serait pas décent de trop montrer. La plus grande met en évidence une médaille en or que la plus jeune n'a pas encore. Sans doute une communion d'avance...
Le petit garçon a, lui aussi, sa tenue des beaux jours : culotte courte boutonnée, corsage à col claudine, barrette pour tenir une mèche rebelle.
Derrière eux, des fleurs. Les plus belles du jardin.
C'est la photo d'après la messe. Tout est fini. On prend le temps.
Oublié cette matinée à tout mettre sans dessus dessous parce qu'on ne trouve plus, ni ses gants, ni ses chaussettes, ni les bas de la mère qu'elle file chaque fois, tellement elle voudrait être à l'heure quand déjà, les cloches sonnent à toute volée. Oublié que, aujourd'hui encore, toute la famille est arrivée en retard à l'église, en plein sermon du prêtre qui s'est arrêté de parler, exprès à ce moment là, pour que toutes les têtes se retournent, chuchotent et soupirent... Plus que quelques cantiques et bientôt l' « ite missa est » « la messe est dite » Ouf!!!
Oublié tout ça... Jusqu'à dimanche prochain...
- Les enfants, ne bougez plus, souriez !
Ils ne bougent plus et ils sourient mais la plus grande s'écarte un peu. Ma robe ! La pose est prise.
Les petits se rapprochent l'un de l'autre, se frôlent à peine.
Subrepticement il glisse sa main sur son épaule. .
Elle est surprise. Il est ému.
Je m'en souviens encore...